dimanche 26 avril 2009

Gérer ses déchets, c'est vivre!

L'idée d'écrire sur l'environnement et en faire une raison de vivre m'a toujours effleuré, vu son importance dans ma vie d'un homme protégé par la nature. Je ne vais pas prétendre ici, que ma participation au débat est venue comme ça, puisque j'ai été un peu poussé par une sorte d'ambition, celle de m'affirmer dans un domaine qui m'échappe un peu mais qui n'est pas loin de mes passions nouvellement embrassées. A l'occasion de la journée internationale de l'environnement, et sur un coup de pouce de mon ami Noureddine Aït Yahiatene, j'ai décidé d'en faire désormais, un sujet d'actualité associé à mon quotidien. En même temps, j'entends parler d'une conférence débat sera organisée par le wali de Bouira en l'occurrence M Bouguerra devenu depuis peu, un acteur de tout, y compris la délicate problématique de gestion des déchets dans le sens du développement durable méconnu de nos gouverneurs qui, pourtant sont censés être les protecteurs de l'environnement. Or, la majorité d'entre eux semble ne rien comprendre ni ne mesure son importance dans la vie des citoyens, encore moins celle de l'humanité.
Académiquement parlant, je n'ai pas beaucoup à avoir avec l'environnement, même si je peux toujours prétendre en savoir quelques choses, depuis que le destin a décidé de me jeter dans l'espace incertain des harrags. Ainsi, pour des raisons que je ne citerai pas ici, j'ai été emmené à courtiser en France, les fans de la nature au sein d'une association environnementale qui fait du thème du développement durable un des piliers de son entreprise de bienfaisance. De ses militants, j'ai eu à apprendre que préserver la nature, c'est aussi vivre. J'ai donc activé dans ce domaine et j'ai même travaillé dans la déchèterie avec passion, si vous voulez, car j'avais compris que la gestion des déchets joue un rôle essentiel dans la protection de l'environnement. Ensuite, et par voie de conséquence, j'ai retenu que pour vivre correctement en groupe, il est impératif de travailler à ce que des énergies renouvelables à haute qualité environnementale soient développées. Dans le même temps, et sans le vouloir, j'ai connu Emmaüs cette association de l'Abbé Pierre qui n'était, au fond, que pour combattre la précarité et le mal-être chez les êtres humains. En son sein, j'ai appris à aimer, à adorer et à respecter la nature en faisant du "tri" une source de la vie. J'y ai appris comment gérer les déchets et vivre décemment en se portant au secours de l'autre et j'y ai appris le vrai sens de l'énergie renouvelable.
En fait, le développement des énergies renouvelables est, en réduisant la consommation d'énergie, une des clés de la transition énergétique indispensable pour répondre au défi climatique et lutter contre l'effet de serre. Parmi les principes fondamentaux de ces fous de la nature : "Consommer Moins et Mieux. S'agit-il ici de modération de sa consommation d'énergie en la réduisant au strict minimum et du choix du genre d'énergie qui ne compliquerait pas les problèmes en relation avec l'effet de serre dont on parle beaucoup ces dernières années. Ce phénomène méconnu par le grand public et qui serait derrière le changement climatique menace toute planète terre. Ici on parle de passage d’un mode de production d’énergie centralisé à un système énergétique décentralisé, où "chaque citoyen, chaque entreprise, chaque territoire devient un véritable acteur de la production d’énergie sans CO2". Enfin, les énergies renouvelables ont un rôle déterminant dans la lutte contre le changement climatique et permettent un approvisionnement sûr et maîtrisé sur le long terme. Quant aux déchets, il est exigé une gestion rigoureuse pour que la ville ait le mérite d'être habitée par les hommes. Faut-il le répéter et le crier haut et fort : Les énergies renouvelables ont un rôle déterminant dans la lutte contre le changement climatique. A rappeler que, par leur caractère décentralisé, les énergies renouvelables participent à l’aménagement du territoire et à la création d’emplois.
Il est indispensable certes, de fournir et de développer des équipements adéquats de traitement des déchets, impliquant des investissements importants engageant la collectivité pour de longues années. Mais pour que le projet soit efficace et efficient, le mot est faible, la participation des citoyens est essentielle à sa concrétisation. Ce qu'on appelle une démarche participative qui permettrait aux élus comme aux habitants et aux associations de réfléchir ensemble sur la solution la mieux adaptée au contexte locale. Une démarche participative avec les riverains et les acteurs locaux peut favoriser la construction partagée de l'intérêt collectif. Aussi rappelons-le, l'activité industrielle fait souvent réagir quand elle concerne la chimie, le traitement des déchets, le stockage de produits dangereux. Les mesures préventives et les contraintes administratives sont mal connues. Il est donc indispensable et même primordial d'associer les riverains dans cette entreprise. Or leur information apparaît comme insuffisante et doit être gargarisée. Faut-il donc, pour éviter l'échec, créer la confiance avant de rassurer et ce, en organisant la rencontre et faire exprimer les craintes dans le cadre d'un dispositif d'échange avant d'expliquer. En d'autres termes, pour aboutir à de meilleurs résultats dans le domaine de la gestion des déchets, les acteurs du quotidien citoyen doivent systématiser la concertation. Les sociologues sont d'accords qu'un projet concerté favorise mieux le rapprochement des points de vue et participe à la dissipation des peurs. Enfin, pour qu'une idée vive longuement, il n'y a pas mieux qu'elle soit adoptée collectivement. Et ma foi, la bonne gestion des déchets est une idée qui mérite longue vie, elle est de notre devenir et de notre bien-être. Si chacun balayait devant sa porte, comme la ville serait propre !
Laïd DOUANE

mardi 10 mars 2009

La poule pond des œufs, le coq se brule le cul !

Un proverbe kabyle, à cent pour cent, dit : "La poule pond des œufs, le coq se brule le cul" ! C'est exactement l'mage du roi M6 du Maroc en rompant les relations de son pays avec l'Iran, soi-disant, à cause de son manquement de respect à un autre pays, frère de surcroit. Je m'excuse auprès de ceux qui me connaissent, je n'ai pas trouvé mieux pour imager cette décision, combien désastreuse, de "notre ami le roi". Ainsi, le ridicule ne tuant pas comme d'habitude, le 25 février dernier, le Maroc avait rappelé son chargé d’affaires par intérim à Téhéran pour consultation, "afin de protester contre des « expressions inopportunes » de l’Iran à propos du soutien de Rabat au Bahreïn". Le même jour, le sujet du roi aux Affres étrangères, Taieb Fassi avait convoqué l’ambassadeur d’Iran à Rabat pour lui faire part de ces protestations.
Nous avons assisté à une mise en scène enfantine loin d'être amusante. Enfantine dans la forme, mais dans le fond, c'est un vrai commerce d'éthique que le Maroc s'est livré comme a son habitude. Nous les Algériens, plus frères que frères des Marocains, sommes bien placés pour déchiffrer la messagerie royale. Sinon, de quoi je me mêle, aurions-nous dit à ce sultan de discorde ? De discorde parce qu'il a cette sale habitude de marchander les relations fraternelles contre une poignée de dollars ; allez donc lui demander des explications pourquoi a-t-il rompu les relations diplomatiques avec mon pays ! Il vous dira que c'était à cause des activités terroristes qui, maintenant c'est clair, se sont avérées une création du palais royal à des fins que connaît bien l'Algérie. Sale habitude, car plus on s'y habitue, plus on s'y embourbe. On connaît ce semblant de royaume ; dès qu'il perçoit ses dus, il se met à prier pour recoudre ces relations "fraternelles" qu'il rompt à la demande de ses créanciers ! Les USA, pauvre petit roi d'un grand peuple, s'ils nuisent à l'Iran, c'est leur politique et ils y ont tout à gagner. Et vous, avez-vous pensé aux conséquences d'une telle action ? Qui ne sait pas que Le Bahreïn est un pays frère de l'Iran, et qu'entre eux il y a un paquet de choses en commun qui leur permettraient de régler leurs différents ? Sinon, qui des deux frères aurait songé à faire appel au Maroc pour défendre ses intérêts ? En tout cas, pas le Bahreïn qui d'ailleurs n'a pas perdu de temps pour demander des explications à l'Iran qui lui, en diplomate antiquaire n'a pas non plus, tardé à remettre les pendules à l'heure du Golf en répondant clairement à leurs interrogations, jetant ainsi la politique marocaine dans le nudisme diplomatique !
En fait, la mise à mal des relations entre les deux pays frères ne sera pas sans conséquences néfastes pour le Maroc. Cette action malheureuse a été commise suite à une déclaration d’un responsable iranien qui a qualifié Bahreïn de « 14e province iranienne » historique", une chose qui a sa part de vérité. Elle est similaire à la fameuse déclaration du malheureux Saddam Hussein sur le Koweït, entrainant son annexion puis ce que nous connaissons tous. Mais comme l'Iran n'est pas l'Irak et qu'il n'est pas un état qui boit par l'oreille, sa réaction a été toute mesuré ; il a fait savoir à Bahreïn qu’il "respectait sa souveraineté et qu’il ne voulait pas « rouvrir les dossiers du passé » en rapport avec ses revendications sur cette région à majorité chiite mais gouvernée par des sunnites. Mesurée puisqu'elle a été pour dénouer la crise entre frères, laissant le Maroc se noyer dans à ses problèmes en attendant, peut-être, des remerciements de la part de la maison blanche !
L'autre chose qui fait rire, dans cette déclaration royale, c'est la dénonciation par son ministère des Affres étrangères de l’« activisme avéré des autorités de l’Iran et notamment, de sa représentation diplomatique à Rabat, visant à altérer les fondamentaux religieux du royaume (...) et à tenter de menacer l’unicité du culte musulman et le rite malékite sunnite au Maroc »! Quelle diplomatie ! Je me demande quelle serait la réaction d'Hassan 2, s'il était vivant en entendant de tels ragouts de la bouche des administrés de son propre fils ? Admet-on que c'est vrai, et c'est affirmatif, puisqu'il y a quelque chose de juste dans cette affaire, qui des Musulmans a le droit d'interdire à d'autres de prêcher la tendance chiite, même si une grande partie la rejetait ? Et puis, rompt-on les relations diplomatiques pour une raison pareille ? Si oui, le Maroc aurait-il le culot de rompre ses relations avec n'importe quel pays du monde qui prêcherait l'athéisme ou le communisme ? Allons "notre ami le roi", il faut trouver autres choses pour justifier une action aussi absurde et faut-il penser un peu à son peuple dangereusement isolé, et qui ne trouve plus ses repères à cause de vos politiques de discorde ! Les aides américaines monsieur M6, ne sont pas pour durer dans le temps et vous le savez.
Ceci étant, et devant une politique pareille, nous les Algériens oserions-nous revendiquer la reprise de nos relations diplomatiques ? Affaiblis par cette manière infime de gérer les rapports humains, nous ne pouvons même pas continuer à réclamer comme nous le faisons, la réouverture de nos frontières terrestres fermées suite à une bavure de ce genre. J'ai bien peur que ce soit encore peine perdue, car "notre ami le roi" a l'esprit de récidive et nos gouverneurs n'ont aucun intérêt à ce que le Maroc respire ! Alors, autant laisser les choses comme elles sont ; Ils auront au moins, le mérite d'avoir réduit le taux de transfert de drogue et le trafic du hachich, en laissant les frontières terrestres fermées. J'écris ces absurdités, me voit-on, avec la conviction que personne n'a le droit de séparer entre deux peuples frères, encore moins, entre les membres d'une même famille. Quel dilemme !
Laïd DOUANE

lundi 16 février 2009

L'Algérie n'est pas une prison!

Nous faisons le bonheur de nos ennemis et parfois, leurs jeux et nous réalisons sans savoir, leurs vœux, en répétant gratuitement leurs discours. Parmi nous, de bonnes et braves gens tuent l'Algérie, tout comme cette jeune femme très attachée à son bébé, met fin à ses jours en se couchant sur lui par soucis de le protéger. C'est un peu mon cas et celui de quelques internautes qui ont commenté mes articles. Ici un commentaire a retenu toute mon attention. En voici le lien pour aider à bien comprendre ce que je vais écrire : http://laid-hizer-net.blogs.nouvelobs.com
Pour résumer, mon compatriote n'a pas hésité à qualifier les siens de "détenus dans une vaste prison qui se nomme l’Algérie" et d'ajouter: "ces gardiens tyranniques et ses responsables pervers, sans que aucun de nous ne sache les chefs d’accusations et la durée exacte de la condamnation" fin de citation. Et bien que je soutienne au fond de moi, et bien plus, j'utilise cette sorte de discours, aujourd'hui je me sens tenté par dire les choses autrement, même si cela joue un peu, le jeu de mes détracteurs. Voici donc ma réponse intégrale à mon internaute
:
L'Algérie, à la comparer avec nombre de pays, n'est pas une prison, même si les Algériens, et immuablement, continuent à se constituer en prisonniers chez eux. On dirait que nous l'avons dans le sang et que nous l'avons hérité de nos parents ayant vécu les dernies moments de la prison française et les premiers d'une prison imaginaire de cette Algérie prisonnière. La majorité de nous autres Algériens de l'après guerre, je suis désolé de le dire, ne savons pas apprécier l'indépendance. Après plus d'un siècle de déracinement systématique, nous sommes devenus une peuplade qui ne sait que faire de la liberté chèrement payées. C'est que nous fumes, et j'ai bien peur, nous continuons à l'être, un peuple colonisable comme l'a si bien écrit Malek Ben Nabi.
L'Algérie n'a rien d'une prison, même si elle est elle-même prisonnière ; Prisonnière d'abord de ses prédateurs connus ou inconnus. Ensuite, et c'est là le comble, elle l'est de nous, de notre mentalité soudée, de notre état d'esprit égocentrique, de notre ignorance et de notre indifférence: Un concours de circonstences qui a fait durer le colonialisme, c'est-à-dire : La politique de "Takhti rassi"! Ne restons pas dupes en jouant le jeu de nos vrais ennemis qui nous désignent nos propres ennemis comme étant des nôtres et seulement des nôtres. Regardons-nous en face et arrêtons de jeter la faute sur les autres ! Disons que c'est nous qui faisons et aidons à fabriquer notre malheur ! Et "ce système fermé à double tour" que tu maudis et que nous maudissons tous, y compris ceux qui le supportent, a-t-il été fabriqué dans un atelier ennemi, mais il est aussi le fruit de notre imagination collective. Nous l'avons enfanté et il est notre fils naturel. Et "ces clans qui se font et se défont au gré des évènements", ils ne sont pas formés de Français ou de marciens, à ce que je sache. Ce sont des TOI et des MOI qui y fondons comme du beurre de la vache des orphelins. Arrêtons notre délire et évitons la paranoïa dans laquelle nous nageons et que nous entretenons au prix d'une fitna qui n'en finit plus ! Faisons quand-même, notre changement même si nous sommes convaincus qu'il durera un siècle !
Pour revenir à nos compatriotes qui "tentent de s’évader par les airs, le désert ou la mer et ceux qui se suicident ou sombrent dans l’alcool ou la drogue", moi je ne les trouve pas dignes de pitié; je les trouve lâches et absolument méprisables comme je l'étais moi-même quand j'ai abandonné mes enfants pour me refugier en France que je croyais bêtement, un pays d'accueil. Certes, je pensais bien faire, mais j'étais conscient du mal que je causais à ma famille, mais bon, ça c'est une autre paire de manche.
Aussi, je ne suis pas d'accord avec toi, quand tu écris qu'"Aucune ONG n’a pu jusqu’au jour d’aujourd’hui enquêter ou faire un rapport exhaustif sur la situation des 35 millions de prisonniers et prisonnières"! Or, toutes les ONG en savent tout, y compris le fait que nous sommes le peuple le plus pauvre du monde, occupant un pays qui déborde de richesses. Ces ONG sont elles aussi corrompues et obéissent à un certain ordre établi. Antennes qu'elles sont, elles ont tous les moyens leur permettant de savoir la vérité, qu'elles savent d'ailleurs, mais elles refusent de porter secours aux opprimés. D'ailleurs, elles ne réagissent que lorsque cet ordre établi subit un changement pour une raison ou pour une autre. Elles ne crient au voleur, que lorsque celui-ci aura tout pris et se serait enfui.
Quant à Mr Medjnoun, supposé être l'un des tueurs présumés de Matoub, comme tous les milliers d'"accusés", je ne dis pas qu'il faut en laver les mains, mais faut-il lui donner juste la proportion qu'il mérite. En plus, s'il y a lieu de défendre quelqu'un ou quoique ce soit dans cette affaire, c'est la justice qu'il faut revendiquer pour tous, y compris pour les bourreaux et les faiseurs du malheur.
Enfin, je me demande si je dois te remercier pour m'avoir infligé une sorte de gifle "réveilleuse" ce matin en lisant, je cite : " monsieur douane occupe toi un peu de ta famille tes enfants qui ont beaucoup besoin de toi" ou continuer à dire les choses comme je les vois ? Me vois-tu, si je n'avais pas quelques vagues informations sur toi, que j'espère vraies, je prendrais tes propos pour une menace et je me la fermerai. En effet monsieur Azzedine, je n'ai pas oublié que j'ai fait beaucoup de mal à mes enfants et que je leur ai fait subir des affres parfois insupportables en me lançant dans un chemin ornés d'épines. Mais que veux-tu? Chacun ses raisons de vivre! Et les miennes ne sortent pas du commun des hommes libres.
Laïd DOUANE

jeudi 12 février 2009

Algérie: Le 13 février 1992, à l'abattoir de Reggane!

"On nous a envoyés comme des cobayes à l'abattoir. L'Etat doit admettre ses torts et reconnaître enfin, qu'existe un lien entre les maladies dont nous souffrons et notre présence sur les sites nucléaires en Algérie et dans le Pacifique pendant notre service militaire », se plaint un ex militaire français du contingent qui se trouvait à proximité du site pendant l’explosion de l’engin nucléaire. «Lorsque j'ai ouvert les yeux, j'ai aperçu le champignon atomique. Gigantesque… Mes camarades et moi, nous l'avons vu s'éloigner, disparaître au loin. J'ai appris par la suite que le nuage avait dérivé jusqu'à la frontière algéro-libyenne, à 1 000 kilomètres de Reggane », un détail passé sous silence des autorités françaises. Tout comme elles conservent sous silence le sort des milliers de victimes dont celui « du pilote d'un avion Vautour chargé d'effectuer, ce 13 février 1960, des prélèvements dans l'atmosphère et qui est décédé quatre mois après sa mission » !

Il s'agit là du premier essai nucléaire "commis" par la criminelle France le 13 février 1960 sur le plateau de Reggane. Mais que s'est-il passé le 13 février 1992, justement à l'occasion de mon anniversaire ? Ce jour-là, j'ai arrêté de vivre normalement. En homme blessé, voici ce que j'ai écrit à ce sujet dans un long témoignage qui peine à sortir
"C’est le ronflement des moteurs qui nous a réveillés en sursaut. Il était 03H du matin quand des véhicules commençaient à se ranger prés de la mosquée où nous avons été cloitrés pendant trois jours et quatre nuits. A travers les fenêtres, on pouvait voir à la lumière des phares, des soldats courir dans tous les sens. Quelques minutes ont suffi pour investir les lieux dans un silence effrayant. Sous l’effet de surprise, nous sortions, un par un, sans aucune opposition. Profondément choqués, quelques-uns mettaient leurs mains en l’air sans qu’on ne le leur demandât ! Devant la menace des armes automatiques, les injures et les coups de pieds, les otages trouvaient refuge sur les camions militaires ! Moi, j’ai choisi de sortir en dernier dans l’espoir de trouver une astuce pour protester, mais le bâton de la dictature est parfois plus fort que la raison. Les rares personnes qui, comme moi, tentaient de rouspéter, se sont vite pliées aux ordres, devant la violence de nos militaires bourrés de haine.
Nous avons été mobilisés dans les camions comme des bêtes de somme qu'on mène à l'abattoir. Une fois installés sur des bancs métalliques, les gendarmes nous ont menottés deux à deux et dos à dos, non sans nous attacher à des sièges en métal. En me mettant les menottes, je sentais l’un d'entre eux trembler comme une poule. Et curieusement, j’ai eu pitié pour lui!
Au bout de près d'une heure, d'une opération sans incident, "réussie cinq sur cinq", message transmis par radio par un militaire, on fit monter deux gendarmes armés de kalachnikov sur chaque camion.
Où allions-nous ? Pourquoi à cette heure et que nous voulait-on ? Personne ne semblait avoir la réponse. Même le capitaine Rezigue qui prétendait être mon ami, me cachait la vérité. Toute de même, il a eu le culot de venir me saluer avant le départ. Il m’a juré que je n’avais rien à craindre, sauf que nous allions passer en justice et serions libérés.
- « C’est une question de formalité m’a-t-il dit croyant me rassurer. Une dizaine d’entre vous seulement, est demandée par la justice. »
Pour me rassurer, il m’a donné rendez-vous à la pharmacie BK où nous rencontrions d'habitude, pour une partie de scrabble, m’embarquant ainsi, sans le savoir, dans de faux espoirs !
Au signal de départ, les détenus, et spontanément, se sont mis à taper des pieds et des mains, en scandant les fameux slogans contre le régime. Ceci a retardé notre départ de peur que nous soyons entendus par les « terroristes ». Le convoi a été autorisé à prendre la route dans un climat d’émeutes. En arrivant à proximité de la ville de Bouira, on nous dirigés vers Alger. C’est là que les cris ont repris de plus belle jusqu’à l’entrée de la forêt Errich, pas loin de là. Au fur et à mesure que nous descendions la route tortueuse, le silence s’installait lourdement. Personne n’a échappé à l’emprise de la peur, même ceux qui rêvaient de Djihad! Les gendarmes ont eu doublement peur malgré nos mains liées. Ils craignaient une attaque « terroriste », alors que nous, nous avions peur d’un carnage programmé ! Et c’est dans cet état d’esprit qu’un carambolage a eu lieu au cœur de la forêt. L’un des chauffeurs a perdu le contrôle de son véhicule sous l’emprise de la peur, a dû freiner brusquement et les prisonniers sont éjectés vers l’avant. Au même moment, un coup de feu s’est fait entendre, transformant les cris en tonnerre. Par la suite, nous avons appris que cet incident n’a pas manqué de faire l’effet d’une légende chez les habitants de la région. On parlera même d’une bataille rangée entre un groupe terroriste et un bataillon de l’armée.
A l’origine du coup de feu, un gendarme a dû oublier de sécuriser son fusil d'où s'est échappée une balle qui a terminé dans le bras gauche de l'un des chauffeurs, après avoir traversé la cabine. Après quelques minutes de panique nous avons repris la route dans un oubli effroyable !
Nous avons atteint la banlieue sud d’Alger à l’heure où les citadins se dirigeaient vers leurs lieux d’occupation journalière. Ce sont les élèves qui ont retenu, le plus, mon attention. Mon cœur se déchirait à l’idée que je ne reverrais pas la salle des cours pour longtemps et peut-être, à jamais ! Et c’est surtout, l’indifférence des passants qui n’était pas agréable à voir. Il y en avait qui se moquaient de nous, en nous entendant crier. Je n’oublierai jamais cette image d’un groupe de barbus qui, tout en savourant leurs cafés, nous regardaient en échangeant des grimaces et en nous montrant des doigts et en riant à tue-tête. A cet instant même, je pensais aux militants de Hamas qui probablement, se préparaient à la relève. J’ai été gagné par le désespoir, et la terre entière me paraissait aussi étroite que ce camion qui nous menait vers l’inconnu. Pour autant, j’ai réussi à me débarrasser de la peur. Malheureusement, j’étais atteint d’un traumatisme incurable !
En quittant le hameau de Guet de Constantine en direction de Blida, j’ai pensé au tribunal militaire. Je crois que c’est à ce moment-là que j’ai élu domicile au sein du désespoir et que j’ai perdu l'espérance de revoir mes filles. Alors, je me suis mis à construire ma défense en silence, comme si nous étions dans un pays de droit. Je m’imaginais devant un juge militaire et j’ai pensé à l’histoire du loup et de l’agneau ! Quel intérêt à chercher des preuves d’innocence quand les choses sont déjà faites ? Je me distrayais en préparant mon plaidoyer, quand la caravane a quitté la route vers un champ isolé pour terminer au milieu d’un chantier abandonné ! La scène ressemblait à une opération de la mafia pendant l’échange d’otages! Sauf que nous, nous n’avions personne pour nous défendre ! Et pitoyablement, j’ai pensé à la fusillade, surtout quand les gendarmes descendaient des camions ! Aujourd’hui, ce souvenir me fait rire!
Après une courte attente, un jeune homme habillé en civil est venu nous débarrasser de nos menottes. A fur et mesure que nous descendions des camions, nous-nous mettions automatiquement l’un derrière l’autre comme des brebis. Pourtant, personne ne paraissait nous guider. Du moins ce que je croyais. En fait, il y avait à l’avant et à l’arrière de la file, deux officiers barbus habillés en civil.
Après un parcours de quelques dizaines de mètres en suivant un sentier verglacé, nous avons terminé dans un terrain vague, sous un vieil eucalyptus. Un barbu se hissa sur un monticule et nous fit signe d’écouter. Au même instant, un véhicule 4x4 arriva, laissant apparaître un lieutenant-colonel, deux commandants en uniforme et un jeune civil qui paraissait le plus respecté, et lui seul donnait des ordres. En s’approchant de nous, j’ai cru reconnaître le jeune capitaine qui commandait le camp d’internement ou j’avais passé six semaines l’année précédente. Il m’a regardé dans les yeux et je l’ai salué en hochant la tête. Subitement, j’ai senti mes genoux fléchir puis j’ai perdu connaissance.
Plus tard, Mustapha m’a raconté ce qui m’a échappé de l’histoire pendant mon pré coma :
- « C’est le jeune barbu qui t’a frappé. Tu t’es évanoui et tout le monde croyait que tu jouais la comédie ! Au moment où on allaient te porter les premiers secours, les gendarmes faisaient le tri et nous sommes retournés dans les camions. On nous a répartis en deux groupes: Le premier est dirigé vers l’ouest de la ville, nous faisant penser au tribunal militaire. Et pour nous faire croire à la libération, on nous a enlevé les menottes et nous avons repris la direction d’Alger. Et nous voici en plein milieu d’une base militaire, a-t-il pleuré au moment où la gigantesque porte d’un avion militaire s’ouvrait » !
Je n’oublierai jamais ces moments d’effroi à l’entrée géante de l’avion militaire prêt à décoller. J’arrivais difficilement à me tenir debout à cause des douleurs à la hanche droite. J’avais dû recevoir des coups auparavant. Les douleurs à mon poignet gauche m’ont fait rappeler les menottes. Et malgré la présence massive des soldats et des avions militaires, j’ai réussi à mettre de l’ordre à mes souvenirs.
L’acharnement des militaires a été très choquant. On aurait juré que nous étions sur une terre ennemie ! Pris dans le piège, le silence s’est avéré notre seul salut. Après de longs moments d’attente, nous sommes montés sur l’avion en file indienne. En mettant les pieds dans l’avion, j’ai eu l’impression que je ne fonctionnais plus ! J’ai arrêté ou je ne voulais plus réfléchir jusqu’à l’instant où j’ai pris place sur un siège en lacets. Les détenus se sont mis à régler leurs ceintures docilement, sous les yeux des hôtes contents pour notre contribution.
Pour alléger mes douleurs et oublier mes peines, je me suis jeté dans la prière, en imaginant tous les scénarios possibles, y compris le crash dont nous les Algériens sommes spécialisés. Je n’ai pas pu m’empêcher de penser à une simulation d’accident ou à la déportation, comme c’était le cas des milliers de prisonniers d’opinion. A rappeler qu’à l’époque, on parlait de prisons souterraines. Et pour mieux enfoncer le clou, trois gendarmes sont montés à bord et nous ont menottés sous la vigilance des militaires armés de fusils mitrailleurs. Une fois l’opération terminée, la porte s’est refermée et nous voilà en voyage vers l’inconnu !
- Voilà le résultat de notre naïveté, MONSIEUR Maci, me lance Brahim indigné ! Et tu continues à nous faire croire qu’on nous a arrêtés pour nous protéger!
- Néanmoins, je continue à croire que nous sommes à l’abri du danger. Là, au moins, nous ne risquons pas d’être assassinés..
- Qu’en sais-tu ? Mais, qui te dit qu’ils ne nous jetteraient pas de l’avion ?
- Nous ne serions pas enregistrés ! Et puis, pourquoi nous auraient-ils menottés ?
- Pauvre Maci! Te voilà encore avec ta philosophie! Et comment explique-tu la présence de ces gendarmes armés dans un avion en plein vol ?
Tout à coup, l’avion s’est mis à vibrer. En pensant à la thèse du complot, j'ai eu le souffle coupé pendant un long moment. Bizarrement, Hamid s’est montré calme !
- Ne vous inquiétez pas, dit-il, les avions russes, c’est comme ça. C’est un fauker..
- Non, rectifie un autre, c’est un Hercule. Les Faukers ne transportent pas les voyageurs..
- Ni l’un ni l’autre, intervient le troisième, c’est un Antonov!
La polémique est engagée de plus belle entre ceux qui savent peu et ceux qui ne savent rien mais qui prétendent savoir. En dépit du bruit assourdissant des réacteurs, ils sont arrivés à s’entendre. On n’a pas caché sa crainte d’un crash programmé et les plus optimistes pensaient à la déportation vers l’Afghanistan; C’est un officier qui l’aurait soufflé à l’un des détenus. Au bout d’une heure de vol, l’avion changea de direction. Un de nos « spécialistes » s'écria, prétendant savoir où nous nous trouvions :
- Nous ne sommes pas loin des frontières marocaines, voyez-vous! Ils cherchent à brouiller les pistes. Nous-nous dirigeons vers la Adrar. On va probablement atterrir à Aïn Salah!
Nos « experts » se mettent alors à exposer leurs connaissances géographiques :
- Aïn-Salah c’est la région la plus chaude du monde. La température y atteint parfois, 70° à l’ombre, dit l’un d’eux !
- C’est vrai, ajoute un autre, elle se situe au milieu de l’erg occidentale où les végétations ne poussent jamais..
- A cause des radiations atomiques, continue notre professeur de géographie. Vous savez bien que la France y a expérimenté dix bombes nucléaires. Je me demande pourquoi ce détour ?
- Mais c’est visible, non? Le ciel est rouge, on a dû éviter une tempête de sable!
En les écoutants polémiquer, je me demandais s’ils étaient conscients de ce qu’il leur arrivait ?! Même aux portes de la mort, ils continuent à se mordre!
Une heure plus tard, l’avion est rentré dans une obscurité effrayante. La traversée a duré quelques minutes puis, tout à coup le monstre s’est remis à vibrer comme si nous roulions sur une piste rocailleuse ! Bizarrement, les gendarmes sont les premiers à paniquer ! Quelques passagers en ont profité pour les railler en riant. C’est là que j’ai eu vraiment peur. Dans le même temps, l’appareil perdait de l’altitude à une vitesse vertigineuse. Au bout d’un moment, il s’est redressé puis replongeait dans le noir. Tout le monde s’est mis à prier, y compris les gendarmes ! Cette fois, j’ai pensé sérieusement à une simulation de crash. Curieusement, je n’ai pas eu peur. A cet instant même, les "voyageurs" se sont tournés vers notre connaisseur, l’interrogeant des yeux.
- Pas de panique, a-t-il répondu calmement, c’est juste un trou d’air!
Un trou d’air ! Bien que la réponse soit vide de sens, elle semblait satisfaire tout le monde. En fait, elle a été d’un support moral non négligeable. Nous avons vécu plusieurs fois cette situation qui s’est banalisée par le temps. Au moment où nous avons cru être hors du danger, l’avion récidivait dans sa folie des trous d’air en perdant dangereusement de l’altitude. A la vue de notre expert effrayé, lui aussi, les passagers s’affolaient et se mettaient à crier ou à prier.
- Les avions russes, c’est de la pourriture, dit l’un! Ils ne résistent pas aux tempêtes de sable. Heureusement que les pilotes algériens son doués !
Et bien sur, cette sorte de discours apaise l’assistance. Et même si nous n’entendions pas tout ce qui se disait, la stupeur se lisait sur son visage. Et la scène a duré, je ne sais combien de temps, puis la bête est rentrée dans une zone claire puis elle s’est stabilisée.
- C’est bête ce que je vais te dire, me confie Mustapha, mais franchement, j’ai cru à un accident !
- Moi aussi, ajoute Brahim; ils sont capables de tout! N’a-t-on pas emprisonné des milliers de citoyens sans jugement ?
Afin de me distraire et oublier mon cauchemar, je me suis associé aux lamentations des autres. Nous nous sommes soumis à Dieu tout en continuant à discuter en évitant d’évoquer notre devenir. Après une heure de perturbations, nous avons terminé au milieu d’une immense masse de nuages gris. Brusquement, la bête russe s’est remise à branler dangereusement puis, tout à coup, elle s’est inclinée en s’enfonçant dans une zone d’ombre effrayante. Après un long détour, elle a refait une nouvelle descente vertigineuse qui nous a fait penser sérieusement à un crash. Au bout du troisième essai, l’appareil a réussi à se poser, non sans subir quelques secousses au contact du sol. Au bout d’une course folle, l’avion s’est arrêté. Au verdict final, plusieurs détenus se sont agenouillés en guise de remerciement de Dieu.
A l’ouverture de la gigantesque porte, nous avons reçu une rafale de sable étouffante annonçant une chaleur torride. Les gendarmes nous ont quittés à la hâte, puis ils sont remontés vite, avec un tout autre visage. Tout en nous débarrassant des menottes, ces auxiliaires du régime se sont acharnés sur nous en distribuant des coups à tort et à travers. Pour échapper à leur colère, il fallait courir au-delà de nos forces entre deux rangées de matraques. Il faisait presque noir en plein jour! Une chaleur d’enfer accompagnée d’un vent de sable apocalyptique nous asphyxiait. Tout autour, une bonne vingtaine de militaires armés et masqués de turbans noirs ou verts militaires. En leur demandant où nous étions, la réponse était froide:
- Vous êtes à Kaboul, répond en riant, un militaire de couleur, avec un accent particulièrement grave !
Je me souviendrai toute ma vie de ces moments d’amertume où nous-nous dirigions vers la partie nord de l’aérodrome. C’était tellement monstrueux que ce que nous venions de subir en vol, nous paraissait insignifiant ! J’ai eu du mal à croire mes yeux à la vue de cette vaste plaine rocailleuse qui dominait la base militaire ! Au lieu des palmiers et des dunes de sable, je voyais à l’horizon à travers les tourbillons de poussière, des ravins noirs et des espaces creux, me croyant au Texas comme on le voyait dans les films ! A quelques centaines de mètres devant nous, une forêt de fils barbelés et des mamelons de terre se dressaient devant nous. Nous avancions en file indienne, quand mon regard s’est posé sur une scène hallucinante ! Je croyais rêver ; Des dizaines de barbus venaient à notre rencontre en agitant leurs mains ! Nous-nous regardions en silence quand le guide sort de son silence :
- Vous vouliez l’Afghanistan, vous y êtes, dit-il ironiquement !
Comme dans les films à travers la caméra, l’image devient de plus en plus claire en s’approchant de la cible. Au fur et mesure que nous avancions, nous découvrions notre horrible devenir. Des dizaines puis des centaines de barbus habillés en tenu de spahis quittaient leurs abris pour nous accueillir en scandant : Allah Akbar! Derrière eux, apparaissaient des dizaines de tentes cachées derrière des monticules qui s’effaçaient en nous approchant. Le lieu ressemblait vraiment, à un camp d’entraînement en Afghanistan! Pour autant, je n’ai pas perdu mon calme, car je m’attendais au pire.
- Où sommes-nous, demande un détenu au premier venu ?
- A Reggane, répond un jeune garçon imberbe.
Avant cela, nous entendions parler de Reggane pendant les horaires du Ramadhan pendant les grandes chaleurs. Chacun a son idée sur cette région algérienne méconnue des Algériens : « Reggane, le plateau le plus chaud du monde, dit un de nos intellects ». « Le triangle de la mort, ajoute un autre ». « L’enfer targui » ou « encore, le brasier en langue amazigh » ! Les commentaires vont bon train et chacun fait appel à ses souvenirs d’écolier. Pour moi, Reggane était synonyme de la bombe atomique et de température surélevé. Et comme si j’assistais à un cours de géostratégie, j’écoutais un barbu expliquer intellectuellement, que nous étions sur le fameux observatoire d’où les Français dirigeaient les opérations de l'explosion atomique du 13 février 1960.
Nous étions justement, un 13 février. Ainsi donc, cette date est un symbole ! Pour notre camarade, notre transfert vers ce site ne devait pas être une coïncidence, mais plutôt, une partie des accords franco-algériens. Selon lui, c’était un signal fort de la junte militaire à leurs créanciers ? En fait, ce choix n’avait rien d’innocent. Nous avions pris conscience que nous étions des cobayes. C’était d’ailleurs, ma première pensée en entendant le nom de Reggane. Depuis lors, la haine grandissait en moi. J’ai failli arrêter d’aimer mon pays. En tout cas, je ne lui réservais plus la même place d’antan ! L’Algérie n’était plus cette patrie pour laquelle j’étais prêt à sacrifier ma vie les yeux fermés. La rengaine m’assaillait jusqu’à devenir fol amoureux de la guerre. Subitement, j’ai côtoyé le désir de tuer et l’envie de me venger! Un désir qui ne m’a quitté que lorsque j’ai pris conscience que je n’avais pas un ennemi déterminé! Ce jour-là, j’ai commencé à connaître le vrai sens de la sale guerre.
Tout en suivant la file, je cherchais des yeux, les militaires qui nous accompagnaient auparavant. Ils se sont évaporés, après nous avoir confié à nos frères. Avant de nous orienter vers nos tentes, ces derniers nous ont distribué des habits « afghans » constitués essentiellement de longues chemises, de pantalons bouffants de spahis tout kaki et de sandales en cuire datant de l’ère coloniale. Les miennes que je garde toujours, portent la mention : 26-06-1956. Et tout en combattant la fièvre, je me suis laissé guider jusqu’à la tente numéro 87.
Je me suis installé sur un lit de camp avec un cœur vidé de soucis. J’en gardais, quand même, un peu pour survivre. Il me restait aussi une mesure d’énergie pour penser à moi. Je me suis penché sur mon sort en essayant de trouver une explication à ce qui m’était arrivé.
Je n’oublierai jamais ce moment crucial où j’ai cru basculer vers l’au-delà. Sincèrement, je m’y croyais dedans, et pendant un bon bout de temps. Puis j’ai senti, au fond de moi, comme une cassure qui me vidait de toute option pour la vie. Par lassitude ou par désolation, j’ai échoué dans la colère en déclinant tout ce qu’il y avait de moral en moi, y compris la prière. J’ai même osé me demander avec une arrogance effrayante : A quoi servait la foi? Là, j’ai su que je n’étais pas loin de la folie! Et loin de vouloir me suicider, je me suis souhaité la mort? Par suite, j’ai cru que Dieu avait exaucé mon vœu en me permettant de plonger dans un sommeil profond. C’est ainsi que j’ai frôlé la colère de Dieu ce 13 février 1992.
En ouvrant les yeux, j’ai trouvé Saïd mon meilleur ami, assis près de moi. C’est une personne d’une rare bonté. Nous-nous étions perdus de vue depuis la fin de nos études en juillet 1984. Sa présence m’avait surpris, dans le même temps, elle m’avait copieusement soulagé. A me comparer à lui, je me sentais tout bonheur. Il venait de rentrer de la Libye et la veille de son retour, il a été kidnappé par un groupe d’individus cagoulés, après l’avoir ligoté sous les yeux de ses enfants. Ensuite, il a été enfermé dans une cave, complètement nu. Au bout de trois jours de torture à l’électricité, le savon et la serviette, il a été relâché sans qu’il n’ait droit à aucune explication. Relâché, il a été reçu le jour suivant par le chef de la police qui n’a pas hésité à lui présenter des excuses. En quittant le commissariat, il a été arrêté par la gendarmerie puis conduit vers le camp d’internement.
- « Nous avons roulé vingt quatre heures, affirme-t-il, dans des conditions que je ne souhaiterais pas à un ennemi et nous ne sommes arrivés que ce matin à l'aube. Nous comptons actuellement, 2750 détenus, tous de la moitié ouest du Pays ».
Saïd ne paraissait pas soucieux, pour autant. Il me parlait tout en gardant le sourire. Selon lui, nous étions chanceux d’être arrêtés. Etait-il sincère, ou cherchait-il à me remonter le moral? En tout cas, il a réussi à me remettre sur mes pieds, tout souffrance que j’étais! En l’écoutant, j’ai repris des forces et je me suis levé aussitôt pour faire la prière. En mettant les pieds dehors, j’ai failli m’écrouler à la vue de l’horrible paysage auquel je devrais m’adapter désormais. Le soleil couchant qui me fascinait d’habitude, a été douloureux ce soir-là. Pourtant, je ne l’avais jamais vu aussi majestueux et aussi proche de la terre. Je l’aurais pris pour un dieu si je n’avais pas su son histoire avec Abraham. En se mettant à l’arrière-plan d’une rangée de tentes, le tableau méritait méditation. A droite comme à gauche, je voyais des centaines de créatures quitter leurs coins et se diriger vers le centre où attendaient des centaines de fidèles pour accomplir la prière du coucher. Mon regard s’est figé à la vue d’une longue file d’attente.
- Et ceux-là, qu’est-ce qu’ils attendent, ai-je demandé à Saïd?
- Ils sont là depuis des heures à attendre leurs tours pour manger. Tu t’imagines ? Un seul serveur pour des milliers de personnes ! Ils cherchent à nous humilier. Enfin, va te laver, ensuite nous irons tenter notre chance pour manger un morceau !
- C’est où, les toilettes, ai-je demandé!
- Quelles toilettes mon frère? Tu rêves! Fais comme les autres et caches-toi quelque part, là-bas derrière pour faire tes besoins! N’oublies pas d’emporter avec toi de quoi t’essuyer, il n’y a plus d’eau!
Je revois cette horrible scène humiliante où je m’efforçais d’accepter une vie qui n’était pas la mienne. Dure, dure à voir la réalité ! Des dizaines de détenus faisaient leurs besoins à l’air libre. Depuis que j’étais contraint de quitter ma campagne, j’étais forcé de voir les gens dans des positions honteuses. Fort heureusement, je gardais encore mes habitudes paysannes. Pour atteindre une fosse à moitié pleine et m’abriter des regards, il m'a fallu traverser une forêt humaine. Et au lieu de me soulager, j’étais obligé de couper mon souffle, fermer les yeux et surtout, faire attention pour ne pas glisser et terminer dans la merde au sens propre, car au sens figuré, j’y étais depuis longtemps! Puis vient le moment où il s’agissait de faire la prière sans se laver. Une pratique, raisonnablement, aberrante, si on la sort de son contexte religieux. Avec le peu de foi qui me restait, je suis efforcé de suivre la foule en continuant à fonctionner avec des idées reçues !
Au terme de la prière principale, l’imam a enchaîné avec celle des catastrophes, devenue monnaie courante depuis quelque temps. Il a exprimé son soutien aux « moudjahidins » en exauçant les fidèles de soutenir le djihad. Le directeur de la prière s’est laissé emporter par ses émotions et pleurait en sanglotant, réussissant à faire pleurer des milliers de fidèles, en évoquant les exactions des « tyrans », transformant la « mosquée » en mur de lamentation.
Profitant de l’excitation des prieurs, un individu a pris la parole et s’est lancé dans un discours brûlant incitant au soulèvement. Après une parodie traditionnelle, il s’est attaqué aux « tyrans » avec une rare virulence. Il a décrit l’état d’esprit des victimes de l’injustice absolue des militaires en expliquant que si nous avions acceptée cette situation, c’est parce que nous étions conscients de la menace étrangère. Il a résumé les événements survenus après l’interruption du processus électoral en terminant par un compte-rendu de leur entrevue avec la direction militaire. Et de conclure:
« .. comme vous l’avez constaté, chers frères, le camp était prêt depuis longtemps. Si, en revanche, beaucoup de choses font défaut, tels que l’eau, la nourriture, les toilettes et les douches, derrière cela, se cache la volonté de nous punir. Il est clair que les militaires cherchent à nous humilier. C’est pourquoi nous devons nous organiser pour leur montrer que nous sommes capables de continuer le combat. Je suggère que chaque wilaya désigne son représentant pour former un conseil. »
Et il passe la main au muezzin qui, vite, appelle à la prière.
- « Qui est-ce, ai-je demandé à Saïd ? »
- « Je ne le connais pas. On a parlé à son sujet, ce matin. On dit que c’est un ex-condamné à mort dans l’affaire Bouali. Tu as vu? Pour éviter la discussion, ils ont choisi ce moment, constate Saïd! En fin de comptes, FLN ou FIS, c’est pareil!
En effet, pour éviter tout débat qui mènerait au conflit, l’orateur a choisi ce moment entre les deux prières. Les fidèles étaient au bout de leurs émotions et il n’y avait pas assez de temps pour discuter. Ainsi croyait-on, on éviterait les déférents qui, ma foi, n’étaient pas négligeables ! Dans l’assistance, il y avait de toutes les tendances : El-djazâra, Essalafia djihadiste, Essalafia scientifique, Essalafia tout court, Ettouroukia et la liste est grande. Beaucoup ne savaient rien de tout ça. Parallèlement, il y avait des délateurs et des espions. Moi, on me classait avec El-Djazâra. Et comme j’ignorais encore le rapport des forces, j'ai préféré suivre le troupeau et attendre!
J’étais incapable de me tenir debout; Tout mon corps fourmillait, c’est pourquoi j’ai choisi accompli ma prière, assis. Cette fois, c’est le fameux Cheick Ezzawi de Médéa qui a dirigé la prière. En l’écoutant lire le coran, j’ai renoué avec ma foi d’antan et je me suis détendu. En revanche, les plus jeunes fidèles se sont mis à grogner à la fin de la prière! En profitant de leurs brûlures, un jeune détenu s’est levé et s’est adressé à l’assistance en imitant Ali Belhadj, même dans ses plus viles apostrophes. Et malgré les avertissements des sages, il a réussi à entraîner des centaines de détenus dans une marche bouillonnante autour du camp. Ils n’arrêtaient pas de scander les fameux slogans du FIS en injuriant les symboles du régime, en l’occurrence, les généraux et les nouveaux gouverneurs.
- « Nezar le tyran, tu crèveras, tu crèveras ! » ou « Oh Ali, oh Abass, le FIS debout à jamais! »
- « Le roi est mort, vive le roi, commente Saïd! Même au milieu de la merde, pour eux, le FIS est debout ! Je me demande comment pourrais-je vivre avec ces gens? »
- Ne t-en fais pas, ils se lasseront vite!
- Tu penses que tout ça est spontané, demande Saïd? Mois, je pense plutôt à la manipulation.
- C’est possible, mais je ne vois pas où est l’intérêt ?
Bien que je sois content pour la réplique, au fond de moi, j’étais inquiet pour la légèreté avec laquelle nos ignares réagissent. Il est vrai que je déteste l’indifférence et l'apathie. Mais, j’en avais assez de ces réactions téméraires qui font de nous une cible facile. Les militaires aussi, n’ont pas mis du temps à réagir; comme des gamins, ils ont immédiatement coupé le courant électrique et ont renforcé la garde, excitant les manifestants qui se sont mis à lancer des projectiles. Les militaires pris de panique, se sont mis à tirer en l’air, tout en s’éloignant de la clôture. Immédiatement après, les responsables des deux parties se sont réunis et se sont mis d’accord pour reprendre les discussions le lendemain matin. Et la lumière est rétablie, les manifestants se sont regroupés dans le carré réservé à la prière.
Avant de me coucher, je n’ai pas omis d’écrire quelques mots que j’ai du mal à traduire, aujourd’hui. J’ai écrit mon souhait d’être libéré un jour, non pas pour retrouver ma liberté et revoir mes filles, mais pour me venger! J’ignorais, ma foi, que je jouais le jeu de mes détracteurs que je ne connaissais pas. Ensuite, j’ai passé une bonne partie de la nuit à revoir le film des événements depuis le coup d’état janvériste…
Laïd DOUANE/ La Malheur algérien.
ajaghvou@hotmail.fr
http://laid-hizer-net.blogs.nouvelobs.com/<...

dimanche 8 février 2009

Neuf février: Jour de malheur et de haine en Algérie!

Le 09 février en Algérie, et depuis 1992, ne peut ni ne doit vouloir dire autre chose que la peur ou la colère ou la haine. Et, comme dit George Lucas, "la peur mène à la colère, la colère mène à la haine, la haine mène à la souffrance". Et la souffrance, MOI j'y vis, maintenant ! Me voilà donc, une boule de colère, après avoir été pris pour cible par la peur, un certain 09 février ; je hais quelque part et je souffre de mal être; Je suis un homme blessé!
Que s'est-il donc passé ce 09 février 1992 ? Rien! Rien de plus qu'une confiscation de latitudes à un peuple martyrisé auquel on refuse le droit de choisir et de vivre sa vie librement. Ce jour-là, une junte militaire s'empara de notre liberté et fit de nous un paquet de sujets sans vie. Depuis ce jour l'Algérie libre est transformée en prison à ciel ouvert et les Algériens, y compris les geôliers, sont réduits en captifs. Nous attendons toujours ces "jours meilleurs" qui risquent de ne jamais arriver.
En effet, une équipe de bandits décida comme à la française, de nous museler et de nous isoler en décrétant l'état d'urgence pour jouir de nous et de nos biens impunément. Voici brièvement le film des évènements ayant mené à notre perte et notre malheur :
11 janvier 1992 : Coup d'Etat militaire contre le peuple qui s'est exprimé à travers le suffrage universel le 26 décembre 1991donnant le FIS vainqueur, au premier tour avec 188 siège. Le second tour prévu pour le 16 janvier 1992 n’aura jamais lieu.
Démission-déposition de Chadli Bendjedid. Apparition de blindés dans les rues de la capitale.

12 janvier 1992 : Dans un communiqué, la direction provisoire du FIS appelle "le peuple algérien à protéger son projet et son choix". Il s'en est suivi une vaste opération d’arrestations nocturnes. On parle d’un millier d’arrestations.
14 janvier 1992 : décret instituant le HCE (Haut Comité d’Etat), non prévu par la constitution, composée de 5 personnes (Khaled Nezzar, ministre de la Défense ; Ali Kafi, président de l’Organisation des Moudjahiddines ; Ali Haroun, ministre des Droits de l’Homme ; Tidjani Haddam, recteur de la mosquée de Paris et Mohamed Boudiaf qui présidera ce comité.
Le monde entier a choisi le silence. Lors d'une conférence de presse au Luxembourg, François Mitterrand qualifie l'arrêt du processus électoral "d'acte pour le moins anormal".
15 janvier 1992 : Le FLN et le FFS condamnent l'anti-constitutionnalité du HCE.
16 janvier 1992 : Retour de Boudiaf en Algérie après 29 ans d’exil au Maroc, un pays considéré l'ennemi numéro UN de l'Algérie. Il est placé à la tête du HCE issu du putsch du 11 janvier. Ses véritables amis s'interrogent et s'inquiètent de son engagement précipité dans ce processus putschiste, d'autant plus qu'au lendemain du 1er tour, il déclarait dans la presse qu'il fallait laisser le FIS gouverner. Le FIS, le FLN et le FFS exigent le retour à la légalité constitutionnelle.
17 janvier 1992 : Plus de 500 militants du FIS dont des élus sont arrêtés.
18 janvier 1992 : Rappel de l'ambassadeur d'Algérie en Iran suite aux vives critiques du gouvernement iranien au lendemain du coup d'Etat des généraux d'Alger.
19 janvier 1992 : Les 188 élus du FIS lancent un appel à l'opinion publique nationale et internationale pour un retour à la légalité constitutionnelle. Un militaire tué et deux gendarmes blessés selon la presse à 20 Kms d'Alger.
21 janvier 1992 : Un gendarme tué à Lakhdaria (Bouira).
22 janvier 1992 : Arrestation d'Abdelkader Hachani, président du bureau provisoire du FIS pour avoir diffusé un communiqué appelant l'armée à respecter le verdict du suffrage universel.
23 janvier 1992 : Arrestation de huit journalistes du quotidien El Khabar suite à la publication d'un encart publicitaire d'Abdelkader Hachani appelant l'armée à respecter le verdict du suffrage universel.
24 janvier 1992 : Affrontements sanglants à la sortie des mosquées, après la grande prière du vendredi, sur pratiquement tout le territoire national. L'armée tire sur la foule : 30 morts sont dénombrés.
25 janvier 1992 : Quatre journalistes espagnols sont arrêtés puis expulsés pour avoir interviewé des islamistes. Poursuite des arrestations nocturnes de militants et sympathisants du courant islamique.
28 janvier 1992 : Arrestation de Rabah Kebir, membre de la direction politique du FIS, pour "incitation à la rébellion contre l'autorité". Arrestation d'un certain Tayeb El Afghani, responsable présumé de l'attaque de la caserne de Guemmar.
29 janvier 1992 : Manifestation de citoyens dans le quartier de Bachdjarah (Alger) pour protester contre la répression. L’armée tire sur la foule : un mort.
31 janvier 1992 : Deuxième vendredi consécutif d'affrontements à la sortie des mosquées. Des morts et des blessés sont encore une fois à déplorer. On parle de constitution de maquis.
01 Février 1992 : Dans un rapport concernant la situation des droits de l'homme en Algérie, Human Rights Watch :
- condamne le coup d'Etat survenu le 11 janvier 1992.
- dénonce les arrestations des militants islamistes et de vingt et un journalistes.
- exige la levée de l'état d'urgence et la poursuite du processus démocratique.
- exige la libération des responsables du FIS et plus particulièrement Abdelkader Hachani et Rabah Kebir.
4 février 1992 : Le FIS réclame la levée des mesures restrictives contre les mosquées et la libération de ses dirigeants. Il appelle la communauté internationale à boycotter le HCE.
5 février 1992 : Nombreux mouvements de protestation dans les universités pour dénoncer le coup d'Etat du 11 janvier.
7 février 1992 : Poursuite des manifestations à travers le pays contre le coup d'Etat. De nombreux morts sont signalés selon des sources hospitalières. Des centaines de jeunes seraient passés dans la clandestinité ou rejoint les maquis pour échapper aux arrestations massives et à la déportation dans les camps de concentration du Sud. Les autorités annoncent l'ouverture de 7 centres de détention (camps de concentration) dans le sud algérien.
4 au 8 février 1992 : Soulèvement populaire dans le quartier de Bouakal à Batna. L'armée encercle les cités et ouvre le feu en donnant les blindés : 52 morts dont sept enfants.
8 février 1992 : Arrestation de l'imam Moghni, député du FIS à Bab El Oued (Alger).
9 février 1992 : Instauration de l'Etat d'urgence
Arrêtés par millier puis déportés vers des camps de concentration. Pour ce qui me concerne, le 09 février, j'ai été soustrait à la vie. J'ai été jeté dans le camp de Reggane où j'ai passé six longs mois que j'ai achevés en fanfare avec la mord de mon bourreau Boudiaf. Je n'étais pas malheureux pour autant, nous avons été transférés vers d'autres camps et moi j'ai eu à connaître les camps de Tibergamine puis Tassabit en terminant dans l'hôpital d'Adrar pour enfin retrouver la liberté dans une situation dure dure dure... Cette liberté me mena vers l'exile en France puis le retour vers l'enfer en Algérie où je continue à murir comme une figue de Barbarie. ET LE MALHEUR CONTINUE!
Laïd DOUANE

mercredi 28 janvier 2009

Algérie: Les harrags sont-ils des fous?

«Nous n’arrivons pas à identifier les raisons qui poussent les jeunes à partir ailleurs»! Une abomination de la bouche d'un ministre. Il s'agit M.Belaïz ministre de la justice d'un grand pays comme l'Algérie, qui répond aux questions des sénateurs. Cette phrase odieuse soutenue par une autre plus ou moins révoltante, m'a rappelé tous les malheurs que nous vivons et tout mon passé durement vécu, mais qui a fait et qui fera école à mes enfants. Bizarrement, cette fois, j'ai eu trop peur, alors que d'habitude j'étais toujours prêt à traverser les océans de peur.

En effet, j'ai toujours bravé la peur qui a toujours existé dans ma vie. J'ai été pendant longtemps, et consciemment, un fervent militant au sein du FIS, sachant que je n'étais pas sans savoir qu'il était un parti truffé d'intrus, et que, je le dis de suite, j'étais partant, comme des milliers de militants sincères, pour le "sauver" des mains des fabricants d'intrigues. Je ne trouvais pas cela apeurant, mais plutôt amusant et intéressant. Par suite, j'ai été élu puis emmené par la force des choses, à occuper le poste de Président de la malheureuse commission sociale et culturelle au sein de l'APW de Bouira qui alors, n'était qu'une bombe à retardement. Mais ce n'était pas pour autant que je me doive d'avoir peur ou fléchir ; Pour moi, la peur n'avait pas de sens, pensant bien faire et logiquement prévisible tout ce qui m'arriverait. Puis c'était dans un esprit de va-t-en guerre que j'exerçais mes fonctions comme au milieu d'un champ de mines, car, en plus du devoir de l'opposition, je me devais être vigilant au sein même de l'équipe à laquelle j'appartenais. Mais comme j'aimais ce que je faisais et que j'adore mon pays, je ne pouvais douter de ma sincérité, et la peur n'était pas pour s'habiller de moi. Les interpellations, les arrestations, les menaces et toutes les formes de persécution, allant jusqu'à mon incarcération, n'avaient pas assez de forces pour me faire peur. On disait de moi que j'avais des nerfs d'acier et je rigolais, car au font de moi, je savais que j'étais un homme faible, comme tous ces Algériens qui savaient que s'en prendre au pouvoir c'était jouer avec le feu ! Sans peur donc, je disais et faisais ce que je croyais être droiture et loyauté dans un climat de peur et de terreur. Et c'était là ma faute, car la peur était présente partout alors que moi je ne voyais que la couleur blanche des colombes.
La suite, fallait-il m'y attendre, n'a pas été pour me procurer du bonheur et pourtant, elle m'avait donné à braver la peur devenue aussi visible que le nombre de vrais et faux barrages existants sur nos routes. Enfin, une suite logique m'a été réservée, faisant de moi un cobaye de tout ; détentions, privations, persécutions et harcèlements au menu, en terminant au fond du malheur de l'exil dans un pays enrobé de liberté, où la peur continuait à jouer les spectateurs.
C'est de retour dans mon pays, croyant aux promesses du chacal, que j'ai vraiment commencé à avoir peur mais je faisais tout pour ne pas le montrer. Et petit à petit, sans le vouloir, la peur fait son chemin et pénètre dans mon monde bizarre jusqu'à devenir moi-même une boule de peur.
Deux choses, plutôt deux déclarations me le font dire aujourd'hui :
L'une est celle de ce monsieur Blaïz, ministre de la justice en répondant à une question sur les harrags, avouant que : "La Commission interministérielle qui travaille depuis plusieurs mois sur ce dossier n’a pas abouti réellement à cerner les véritables causes qui sont à l’origine de ce phénomène»!
Que dire en lisant des propos aussi scandaleux ? Que j'ai peur et c'est tout ! La seconde déclaration émane de M Abdelaziz Belkhadem ex-chef du gouvernement, non sans nous provoquer, en faisant de l'humour gratuit : " S’il y a des solutions miracles pour les harrags nous sommes preneurs» !
Qu'un premier ministre réponde de cette façon, il y a lieu d'avoir peur! En tout cas moi j'ai vraiment peur et je pense que j'ai raison et que je dois me cacher en attendant que ça change!
Sinon, que dire à ces deux concitoyens que je ne trouve ni humainement aimables ni politiquement corrects ?
Au premier, je dirais, tout simplement : Si vous tenez vraiment à savoir pourquoi ces jeunes veulent partir ailleurs, donnez-vous la peine de regarder les chaines de télévision du monde et voyez ce qui manque aux Algériens, hormis le bien-être, la communication et le respect ! En outre, nos jeunes ne sont pas dupes pour ignorer que leur pays jouit d'une manne pétrolière qui dépasse de loin, 34 millions de dollars, alors qu'un seul dollar par tête, suffit pour vivre indécemment ! Aussi, savent-ils pertinemment que l'Algérie est un pays gazier, riche en toutes sortes de matières premières et qui mesure exactement : 2 381 741 km2 ; Parole d'un prof, harrag de surcroit ! Ce que ces jeunes aimeraient aussi savoir, c'est où va tout leur argent, puisque c'est de leur argent qu'il s'agit, et pourquoi VOUS et vos enfants avez tout, et EUX n'ont RIEN? Et comme la seule réponse présente à leurs esprits est que l'argent en question est ailleurs, ils n'hésitent pas à y aller le chercher ! Maintenant, ce qu'on aurait souhaité, et c'est une réponse à M Belkhadem: Assurez-leur un dollars chacun par jour, et le tours est joué; ils n'iront nulle part ailleurs, même si vous continuez à voler leur argent. Quant à la solution miracle, elle n'existe pas. Cependant, il existe des solutions, tout court : Que les plus de cinquante ans quittent le pouvoir !
Pour terminer, je dois dire que les harrags ne sont pas seulement fous; ils sont cons!
Laïd DOUANE

vendredi 9 janvier 2009

إسرائيل لا بد أن تزول..

إسرائيل لا بد أن تزول.

يقول أهل رياضة الحساب:"كلما أسأنا طرح المشكلة، كانت الحلول خاطئة". مثل يصدق في قضية فلسطين التي أسيء طرحها منذ البداية رغبة في طمس الحقيقة. إنها قضية القدس أولى القبلتين عند المسلمين. والقدس جزء من الإيمان. ما كان ينبغي أن يسمح لليهود أن يدخلوها أو يسودوا فيها ليجعلون أعزة أهلها أذلة. أما وقد حدث ما حدث، وبالطرق الخبيثة التي نعرف بعضها ونجهل أكثرها، الآن وهم يعيثون فسادا في حناياها والزمان يؤكد لنا أن اليهود هم اليهود وأنهم لن يرضوا عنا حتى نتبع ملتهم، ولا يرضون بالحل خارج "الدولة اليهودية" التي تعمل على إنهاء وجودنا، الآن، لم يبق أمامنا إلا حل وحيد ونهائي، يستقر به العالم: لا ينبغي أن يزيد أو ينقص عن إزالة إسرائيل من الوجود، ولو أدى ذلك إلى إزهاق الأرواح، ولو تطلب ذلك ألف عام.
لقد بات مؤكدا أن إسرائيل لن يهدأ لها بال ما دمنا متمسكين بالإسلام. إنها، بما تؤمه من بقايا المحرقة الحاقدين – تتوعدنا متوهمة أنها ستنال منا. أما نحن فما زلنا نحلم بالسلم دون ركوب الحرب، مستأسدين على بعضنا، نعامات أمام أعدائنا؛ أشداء على إخواننا رحماء بيننا وبين قتلة أطفالنا ونسائنا. أهملنا واجب الجهاد فأصبحنا أذلاء بعد أن أعزنا الله بالإسلام. فأغرب بنا حفدة ل"خير أمة أخرجت للناس" أصبح السواد الأعظم منا يأمر بالمنكر وينهى عن المعروف. نرى ونسمع عن القدس يداس وإخواننا في كل بقاع الدنيا، يقتّلون ويشرّدون ولا حراك لنا، بل نفرح ونمرح ونلهث وراء الملذات، ناسين أو متناسين واجب تحرير أراضينا.
ما من مسلم مات ولم يجهد نفسه في سبيل القدس وفلسطين، مات على شعرة من النفاق تقربه من النار. وما من مسلم له القدرة على إطفاء روح يهودي داخل فلسطين (لا خارجها) ولم يفعل، كان شريكا في الفساد الذي ينشره الكيان الصهيوني. ومن مكنه الله على يهودي داخل أرض فلسطين ثم سالمه أو تعامل معه أو هادنه كان منافقا. وعلى كل من يشهد أن لا إله إلا الله وأن محمدا رسول الله، أن يعمل جاهدا في سبيل مسح كيان إسرائيل - لا اليهود - من وجه الأرض. وإن مسح إسرائيل من الخريطة لا يتطلب أكثر من المقاطعة الحقيقية الشاملة، أي قطع كل ما يمنح الحياة للصهيونية على جميع الأصعدة بما في ذلك مقاطعة الدول والجماعات التي تتعامل معها.
إن إزالة إسرائيل من الخريطة أضحى أمرا ممكنا وهو حتمية عقائدية دعت إليها النصوص الشرعية وتنصل منها المسلمون بعد أن ضعف إيمانهم بها بعد سنين الجور التي مارسها العالم الغربي على أمتنا بأن زرع فينا وعلى رؤوسنا من يثبط ويوهن من عزائمنا. ولقد بات الآن واجبا علينا أن نعمل جميعا أو فرادى على تحقيق هذا الهدف الأسمى الذي يتصدر اهتماماتنا. يجب إطفاء حياة، ولو يهودي واحد، يعيش داخل فلسطين ويدعم الصهيونية. ومن لم يستطع بيده فبلسانه ومن لم يستطع فبقلبه.
وها أنا، على قلة حيلتي وتعذر شجاعتي، أدعو الجميع إلى إزالة إسرائيل من الوجود بكل الوسائل المتاحة بما فيها القتل والتشريد وجميع وسائل العنف الممكنة.مثل هذا الكلام ليس جديدا؛ إنه يسري في عروق الملايين من البشر منذ عهد موسى عليه السلام. إنني في هذا المقام، أحيي إعلانا كان وما يزال في عداد أحلام البشرية. فالكيان الصهيوني وباء صنعته أياد خبيثة في ظلام الجهل الذي عانته الأمة الإسلامية. أهدافه معلومة وقد تحقق منها الكثير. أما الآن، وقد زال الظلام وأشرقت شمس الحقيقة، فلم يبق لنا أن نواري الشعارات الزائفة التي ابتدعها العالم الغربي واحتضناها وعملنا على نشرها رهبة أو رغبة.فكما سبق أن قلت، نحن قوم تربينا على كره اليهود ونعيش أيامنا متمنين لهم الشر كل الشر. لقد أضعنا وقتا وجهدا لا يعوضان بثمن في الرد على من يتهمنا بكراهية اليهود وهي حقيقة لا يمكن إخفاؤها، مع العلم أن لا ذنب لنا في ذلك. فالقرآن هو الذي أمرنا بها وفي ذلك نصوص لا تسمح بأي تأويل. ولنا في رسول الله عليه السلام أسوة حسنة، وهو القائل: "لن تقوم الساعة حتى يقاتل المسلمون اليهود، فينادي الشجر والحجر: يا مسلم، إن ورائي يهوديا، تعال فاقتله.." كلام حفظناه شبابا، نكرره في سرنا دون علانيتنا، مع أنه معروف لدى خاصة أعدائنا. إن زوال الكيان الإسرائيلي من الوجود جزء من تفكيرنا وثقافتنا وحتمية نؤمن بها، ليس فقط من باب الكراهية التي بيننا، بل هي ضرورة يمليها علينا قانون البقاء. والوطن الإسلامي ليس بإمكانه أن يتحمل بقعة أو مساحة في وسطها وتبتغي غير الإسلام دينا، ناهيك عن دولة لا تعرف العيش إلا على آلامنا وأحزاننا. فلا يعقل أن نذوق الهناء والسلم والأمان وفي جسمنا داء يوهننا ويشل جزءا منا. هذا الكيان يجب أن يزول، ليس فقط لأنه يهودي غريب عنا، ولكن لأنه جسم غريب يعرقل حياة كل الجسد الإسلامي. والمنطق يقول إن كل جسم غريب يجب إزالته في حالة إعاقته الحياة.ويبقى السؤال مطروحا: ماذا علينا أن نفعله لتحقيق الحل النهائي؟ الجواب إننا نحن الجزائريين أدرى من جميع البشر بأسرار الاستعمار الذي دام في وطننا 132 عاما. جربناه وعرفناه حق المعرفة، وحتى إننا، في حقبة زمنية ما، طمعنا في عدالته وكدنا نقبل الاندماج طمعا في المساواة التي طرحها علينا، فضننا أنه يمكن أن يغير من طبيعته الغادرة. ولكن الاستعمار هو الاستعمار؛ في آخر المطاف، حاربناه وأجبرناه على الرحيل ولم ينته الأمر. كنا نعرف أن الاستقلال سوف لن تعقبه الجنة وأن إخوانا لنا سيسميوننا بعضا من الشقاء ،لكننا قبلنا.خلاصة ما أريد قوله إن الاستعمار اليهودي لا يختلف في شيء عن الاستعمار الفرنسي. واليهود لا يعدون أن يكونوا من بني آدم ولهم الحق في الحياة وحتى في الممات تماما مثلنا. لهم كل حقوق البشر مثلهم مثل غيرهم. ولكن عليهم، مثلهم مثل جميع البشر، أن يلتزموا بأوطانهم كما عليهم أن يتركونا وشأننا، وليعد كل واحد إلى حيث أتى لأننا هذه المرة، عاقدون العزم على إخراجهم ولو دام ذلك ألف سنة. أما أن يحلموا بالسعادة ما دام شبر من فلسطين مستعمرا، فهذا حرام علينا ومحرم عليهم، ولو بقي هذا المشروع مجرد فكرة. ومن يشك من المسلمين في هذا الحل، أدعوه إلى قراءة التاريخ والرجوع إلى قرار الرسول صلى الله عليه وسلم المتعلق ببني قينقاع وبني النضير وبني قريظة.أما عن الآني، فأدعو الجميع إلى قراءة النادرة الجزائرية الآتية، لعل في ثناياها ما يشبه حلا يرضي مهزومينا:"خرج ثعلب في ليلة من الليالي، يريد صيدا. بينما هو كذلك، سمع صوت الدجاج واقترب منه حتى رآه وراء سياج منيع، فراح يبحث عن منفذ يوصله إليه. ولما عجز عن ذلك أدخل ذيله وبقي يحركه قصد ترهيبه وقال قولته المشهورة: هكذا، على الأقل، لا يرقدون".. هكذا يجب أن نتعامل مع اليهود بعد محرقة غزة. الحديث قياس وللنقاش بقية..تحياتي.
العيد دوان الجزائري

dimanche 28 décembre 2008

عـام سعيد يا عالم

عــام سعيـد يا عالم.

إلى جميع القراء والزوار، إلى كل الجزائريين بما فيهم الأصدقاء والأعداء، إلى كافة الناس على البسيطة،
عام سعيد وطول العمر أتمناه للجميع، رغم الأزمة وغلاء المعيشة والعهدة الثالثة.
فالحياة هي الأقوى وتخبئ لكم أحسن المفاجآت.
في الحياة صداقة وفيها الفصول الأربعة وزقزقة العصافير.
هذا عام جديد؛ عام الأمل والسلام والحب..
ولأن كل يوم تكفي شقوته، وأن الضوء على مرأى العين، وأن غدا قريب، ويوم القيامة غير بعيد، اتقوا الله في أنفسكم وحاسبوها قبل أن تحاسبوا..
فليحب بعضنا بعضا على اختلاف معتقداتنا وتنوع نزعاتنا.
وقل الحق من ربكم، فمن شاء فليؤمن ومن شاء فليكفر...""
حياكم الله.
العيد دوان
Ecœurants à vomir, ces Occidentaux!


Je ne vais pas m'amuser, comme à la française, à faire la différence entre ces Occidentaux d'en bas et ces Occidentaux d'en haut et dire ensuite que ces deniers m'écœurent, car aussi les autres me dégoutent par leur silence devant le massacre de tout peuple. Je me permets cette fois, de mettre tout dans le même sac, et dégueuler ma rage contre tous, y compris les plus intègres qui, pourtant ne manquent pas.
Ce n'est pas compliqué pour comprendre qu'il s'agit de Palestiniens, des Ghazaouis en l'occurrence. Ce qui me donne la nausée, c'est l'attitude gratuite des gardiens de la démocratie face au massacre programmé, qu'ils osent justifier, sans honte aucune, en évoquant les tirs de roquettes gadgettes qui ne tuent que rarement d'ailleurs. Et puis, même si elles tuaient vrai de vrai, ce qui serait une bonne chose, n'est-il pas du droit des Palestiniens de se défendre contre l'occupant? Des centaines de morts et autant de blessés dans des attaques israélienne, hier, contre un peuple isolé, et on en attend d'autres. Les raids sionistes annoncés et entendus par ces Occidentaux, et à la manière lâche des Israéliens de la haine, sont opérés à l'heure des sorties des classes.
Nous comprenons très bien le message émis par les maudits: On s'en prend à l'espoir et aux bourgeons de l'avenir. L'ont-ils dans le sang et le gardent-ils en mémoires ces Israéliens de la discorde; On doit se souvenir des tueries du Pharaon qui décida de tuer tous les nouveau-nés de la race juive. On veut se venger soit, mais qu'ont-ils à avoir, ces Palestiniens avec le Pharaon? Et même s'ils sont pour quelque chose, est-il permis de s'en prendre à la selle quand on n'y peut rien contre le cheval? Il peut s'agir de venger les millions de frères Juifs tués ou brulés en Europe dans cette tragédie appelé Shoa. N'est ce pas en Occident que cela eut lieu?
Au moment où j'écris ce morceau de douleur, le bilan de ces attaques s'élève à plus de 250 morts et 700 blessés, sans compter les dégâts matériels énormes. Ce qui pourrait s’alourdir à cause de la poursuite des raids sionistes. Des enfants, des femmes et des hommes sont tombés par centaines et il y en a même parmi eux, le chef de la police Taoufik Jaber et le chef de l’unité de sécurité et de protection du Hamas. C'est le visage sauvage représentant la honte de l'humanité qui s'affiche ici et qui représente ce que voudrait créer l'administration américaine en terre de Palestine; L'état juif. Le même visage que celui déjà vu au Liban il y a plus de deux ans. L'état juif prétendait combattre le Hezbollah qualifié d’« organisation terroriste ». Aujourd'hui c'est de Hamas qu'il s'agit,
Ceci dit, OU SONT-ILS CES ARABES qui n'arrêtent pas de vociférer à l'encontre d'Israël: Nous allons vous jeter à la mer?
Laïd DOUANE