lundi 16 février 2009

L'Algérie n'est pas une prison!

Nous faisons le bonheur de nos ennemis et parfois, leurs jeux et nous réalisons sans savoir, leurs vœux, en répétant gratuitement leurs discours. Parmi nous, de bonnes et braves gens tuent l'Algérie, tout comme cette jeune femme très attachée à son bébé, met fin à ses jours en se couchant sur lui par soucis de le protéger. C'est un peu mon cas et celui de quelques internautes qui ont commenté mes articles. Ici un commentaire a retenu toute mon attention. En voici le lien pour aider à bien comprendre ce que je vais écrire : http://laid-hizer-net.blogs.nouvelobs.com
Pour résumer, mon compatriote n'a pas hésité à qualifier les siens de "détenus dans une vaste prison qui se nomme l’Algérie" et d'ajouter: "ces gardiens tyranniques et ses responsables pervers, sans que aucun de nous ne sache les chefs d’accusations et la durée exacte de la condamnation" fin de citation. Et bien que je soutienne au fond de moi, et bien plus, j'utilise cette sorte de discours, aujourd'hui je me sens tenté par dire les choses autrement, même si cela joue un peu, le jeu de mes détracteurs. Voici donc ma réponse intégrale à mon internaute
:
L'Algérie, à la comparer avec nombre de pays, n'est pas une prison, même si les Algériens, et immuablement, continuent à se constituer en prisonniers chez eux. On dirait que nous l'avons dans le sang et que nous l'avons hérité de nos parents ayant vécu les dernies moments de la prison française et les premiers d'une prison imaginaire de cette Algérie prisonnière. La majorité de nous autres Algériens de l'après guerre, je suis désolé de le dire, ne savons pas apprécier l'indépendance. Après plus d'un siècle de déracinement systématique, nous sommes devenus une peuplade qui ne sait que faire de la liberté chèrement payées. C'est que nous fumes, et j'ai bien peur, nous continuons à l'être, un peuple colonisable comme l'a si bien écrit Malek Ben Nabi.
L'Algérie n'a rien d'une prison, même si elle est elle-même prisonnière ; Prisonnière d'abord de ses prédateurs connus ou inconnus. Ensuite, et c'est là le comble, elle l'est de nous, de notre mentalité soudée, de notre état d'esprit égocentrique, de notre ignorance et de notre indifférence: Un concours de circonstences qui a fait durer le colonialisme, c'est-à-dire : La politique de "Takhti rassi"! Ne restons pas dupes en jouant le jeu de nos vrais ennemis qui nous désignent nos propres ennemis comme étant des nôtres et seulement des nôtres. Regardons-nous en face et arrêtons de jeter la faute sur les autres ! Disons que c'est nous qui faisons et aidons à fabriquer notre malheur ! Et "ce système fermé à double tour" que tu maudis et que nous maudissons tous, y compris ceux qui le supportent, a-t-il été fabriqué dans un atelier ennemi, mais il est aussi le fruit de notre imagination collective. Nous l'avons enfanté et il est notre fils naturel. Et "ces clans qui se font et se défont au gré des évènements", ils ne sont pas formés de Français ou de marciens, à ce que je sache. Ce sont des TOI et des MOI qui y fondons comme du beurre de la vache des orphelins. Arrêtons notre délire et évitons la paranoïa dans laquelle nous nageons et que nous entretenons au prix d'une fitna qui n'en finit plus ! Faisons quand-même, notre changement même si nous sommes convaincus qu'il durera un siècle !
Pour revenir à nos compatriotes qui "tentent de s’évader par les airs, le désert ou la mer et ceux qui se suicident ou sombrent dans l’alcool ou la drogue", moi je ne les trouve pas dignes de pitié; je les trouve lâches et absolument méprisables comme je l'étais moi-même quand j'ai abandonné mes enfants pour me refugier en France que je croyais bêtement, un pays d'accueil. Certes, je pensais bien faire, mais j'étais conscient du mal que je causais à ma famille, mais bon, ça c'est une autre paire de manche.
Aussi, je ne suis pas d'accord avec toi, quand tu écris qu'"Aucune ONG n’a pu jusqu’au jour d’aujourd’hui enquêter ou faire un rapport exhaustif sur la situation des 35 millions de prisonniers et prisonnières"! Or, toutes les ONG en savent tout, y compris le fait que nous sommes le peuple le plus pauvre du monde, occupant un pays qui déborde de richesses. Ces ONG sont elles aussi corrompues et obéissent à un certain ordre établi. Antennes qu'elles sont, elles ont tous les moyens leur permettant de savoir la vérité, qu'elles savent d'ailleurs, mais elles refusent de porter secours aux opprimés. D'ailleurs, elles ne réagissent que lorsque cet ordre établi subit un changement pour une raison ou pour une autre. Elles ne crient au voleur, que lorsque celui-ci aura tout pris et se serait enfui.
Quant à Mr Medjnoun, supposé être l'un des tueurs présumés de Matoub, comme tous les milliers d'"accusés", je ne dis pas qu'il faut en laver les mains, mais faut-il lui donner juste la proportion qu'il mérite. En plus, s'il y a lieu de défendre quelqu'un ou quoique ce soit dans cette affaire, c'est la justice qu'il faut revendiquer pour tous, y compris pour les bourreaux et les faiseurs du malheur.
Enfin, je me demande si je dois te remercier pour m'avoir infligé une sorte de gifle "réveilleuse" ce matin en lisant, je cite : " monsieur douane occupe toi un peu de ta famille tes enfants qui ont beaucoup besoin de toi" ou continuer à dire les choses comme je les vois ? Me vois-tu, si je n'avais pas quelques vagues informations sur toi, que j'espère vraies, je prendrais tes propos pour une menace et je me la fermerai. En effet monsieur Azzedine, je n'ai pas oublié que j'ai fait beaucoup de mal à mes enfants et que je leur ai fait subir des affres parfois insupportables en me lançant dans un chemin ornés d'épines. Mais que veux-tu? Chacun ses raisons de vivre! Et les miennes ne sortent pas du commun des hommes libres.
Laïd DOUANE

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